Résumé :

Les intervenants se proposent d’étudier, lors de ce stage, deux conceptions du monde globalement antagonistes : le stoïcisme et l’épicurisme. Ces deux écoles de pensée se sont développées au moment où, ébranlé dans ses certitudes par le séisme politique qu’incarnait Alexandre le Grand, l’homme cherchait de nouvelles réponses à des questions déjà anciennes : la vie a-t-elle un sens ? Peut-on être heureux, même dans un monde chaotique ?

 Objectifs de formation :

 

  • Approfondir les connaissances sur deux écoles souvent très étudiées en terminale et qui ont de ce fait tendance à être présentées trop vite comme étant uniquement antagonistes.
  • Mettre en lumière les résultats fondamentaux produits par les écoles précitées, résultats qui ont conditionné durablement toute la réflexion philosophique ultérieure : la question de la représentation, du langage intérieur, des notions innées, de l’indépendance absolue de la pensée, etc.

  Objectifs pédagogiques :

 

  • Identifier des textes majeurs structurants pour les problématiques générales citées plus haut.
  • Proposer aux élèves une lecture simultanée du Manuel d’Épictète et de la Lettre à Ménécée d’Épicure.

 Contenus et modalités :

 

L’exposition se fera sur le modèle des controverses médiévales, afin d’avoir une perception simultanée, dynamique et différentielle des deux propositions philosophiques qui nous sont données à lire :

Pierre-Marie MOREL sera le porte-parole épicurien, Christelle VEILLARD le porte-parole stoïcien.

Nous étudierons, sur les trois journées, les trois parties de la philosophie traditionnelles :

1. La physique. Le stoïcisme conçoit l’univers comme rationnellement organisé par une intelligence providentielle, tandis que pour les épicuriens, notre monde n’est que l’effet contingent de rencontres d’atomes au sein d’un univers infini. Comment penser simultanément l’ordre et la liberté dans chacun des cas ?

2. La théorie de la connaissance. Le critère de la vérité est la sensation, pour les épicuriens ; toute sensation est déjà représentation, et la vérité n’existe que dans un certain type de représentation, adéquat à son objet. C’est sur ce débat que se fonde toute la réflexion ultérieure, des sceptiques à DESCARTES.

3. L’éthique. Nous menons une vie éthique lorsque nous atteignons notre bien propre. Mais qu’est-ce que ce bien ? “La vertu toute nue, qui suffit pour atteindre le bonheur”,  répondent les stoïciens. “Illusion de la conscience que cette vertu !”, répliquent les épicuriens : l’individu n’est jamais mû, ultimement, que par le plaisir. De cette proposition scandaleuse ils construiront un système particulièrement intéressant pour nous modernes, particulièrement réceptifs aux arguments du pragmatisme moral rapportant le bien à l’intérêt.

Les apports théoriques des intervenants seront évidemment l’occasion de débats, échanges, et partages de connaissances.

3 jours consécutifs 18 heures

Dates : 17-18-19 avril 2014

Lieu : Cesson-Sévigné (35) proche de Rennes

Formateurs : Pierre-Marie MOREL est agrégé de philosophie, Docteur en Philosophie, Professeur des Universités à l’ENS-LSH de Lyon, Membre de l’Institut Universitaire de France. Il est également directeur du département de Philosophie à l’ENS-LSH de Lyon. Il est spécialiste de Démocrite, Épicure, mais aussi traducteur des traités biologiques d’Aristote.

Christelle VEILLARD est agrégée de philosophie, Docteur en Philosophie, Maître de Conférences à l’Université de Paris X (Nanterre), spécialisée dans le domaine du stoïcisme. 

Public : Professeurs de philosophie, Professeurs de sciences humaines et de littérature…

Code : 14040018            

Financement : crédit de référence        

Coût pédagogique : 440 €